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Revue Z n°2 - matériel militant et librairie alternative (anti-fascime / anti-racisme / ...)

Itinérance à MARSEILLE
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Séquence : Serrage de villes et boulons de cul (...see more)
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Revue Z n°2
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Itinérance à MARSEILLE
Sommaire
Séquence : Serrage de villes et boulons de culture La ville souffre. Les rues sont plus larges, les murs aussi. Les places se vident, les nuits aussi. L’urbanisme devient police et la «  politique de la ville  » impose son ordre du silence, du contrôle et de la sécurité. Ce qui s’échappe est traqué. Les cultures s’aplatissent avec les quartiers qu’on nettoie, les arts qu’on récupère et les pratiques qu’on uniformise. Ce serrage de ville, Marseille en connaît la mécanique, qui est tristement la même un peu partout, à Lille et Barcelone, à Bordeaux, Bruxelles ou Nantes.
Marseille aurait le vent en poupe. Capitale européenne de la Culture en 2013, cible du plus grand projet de rénovation urbaine en Europe (Euroméditerranée), célébrée chaque jour par un feuilleton à succès (Plus belle la vie), la deuxième ville de France exhiberait enfin le visage présentable que les institutions locales et nationales veulent lui grimer depuis longtemps.
Cela réjouit certains.
Z a rencontré les autres.
Ceux qui s’interrogent. Ceux qui n’y croient pas. Ceux qui s’organisent pour reprendre du terrain, ou pour défendre leurs quartiers, leurs cultures. Ceux qui perdent souvent.
Mais résistent avec leurs outils et quelques boulons de culture.
Une histoire passionnelle de Marseille
De la Canebière à l’Estaque, dérive avec Alèssi Dell’Umbria, 
auteur de l’Histoire universelle de Marseille
Il pleut doucement sur Marseille, mais c’est déjà trop. En attendant un coup de mistral et le retour du soleil, Alèssi nous invite chez lui. Ça tombe bien, son balcon sur la Canebière offre un point de vue idéal sur une ville qu’il ne quitte jamais très longtemps, lui le simple Marseillais, ni artiste ni universitaire, mais auteur d’une remarquable Histoire universelle de Marseille.
Alèssi a mille anecdotes sur ces rues qui se perdent dans Noailles ou Belsunce, sur ce centre qu’il voit muter chaque jour. Alors il parle et on l’écoute, ici, au sec, puis sur la route, dans sa voiture qui dérive vers l’Estaque et crache du Slim Harpo.
L’art de faire place nette
Une critique des politiques de la ville
Depuis une vingtaine d’années, la stratégie de gestion urbaine Made in France s’emploie à mettre en lumière les zones d’opacité, transformer la ville en machine à habiter, et policer les pratiques informelles. La «  politique de la ville  » institutionnalise nos manières de «  faire cité  ». Sur un sol propre et lissé, c’est moins une ville de béton qui se dessine qu’un vide social qui se construit.
"J’y suis, j’y reste, j’y vis !" (ACTION)
Histoire de la réappropriation d’un terrain vague en centre-ville
Dans un quartier populaire de Marseille, un terrain vague laissé depuis longtemps à l’abandon a été récupéré par quelques personnes décidées à faire l’expérience concrète d’une organisation collective avec les habitants du coin. L’une d’entre-elles revient sur l’histoire de cette «  dent creuse  », terrain de questionnements et d’horizons.
Un jour Euromed
Déplacement entre les lignes barbares des plans urbanistiques
Marseille propose un panorama de l’urbanisme pontifiant et délirant. Depuis 1995, un centre-ville d’affaires sous perfusion étatique se construit à l’envers du cœur populaire.
Expulsions, gentrification, dépossession, rationalisation  : l’ombre s’étend au nord du Vieux-Port. La violence sociale de l’opération Euroméditerranée est à l’image du pouvoir qui la commande  : sans pitié pour la ville, sa culture, ceux qui vivent ici, sans scrupules pour l’Histoire.
La gouvernance urbanistique néglige partout l’identité de la ville qu’elle aplatit. à l’entrée de ce siècle, cela vaut pour toutes les grandes villes européennes. Et ceci se donne en spectacle un jour de mai 2009 à Marseille.
"Vous allez gicler !"
Z est allé à la rencontre des habitants de la République qui se battent pour rester chez eux ou pour obtenir un relogement décent. Témoignages.
Momo, au carrefour des cultures
Dans les quartiers Nord, Momo, syndicaliste dans la grande distribution, cause de sa culture kabyle, ouvrière, etc.
Aller à la rencontre de Mohamed Bedhouche, c’est croiser un peu plus qu’un syndicaliste quelconque de la grande distribution. Car si Momo soutient ses collègues jusqu’à finir à la prison des Baumettes, il défend surtout sa culture kabyle et ouvrière, une culture des quartiers Nord qui n’intéresse pas les promoteurs de Marseille, Capitale de la Culture 2013. Nous si.
Cultures mineures et floutopies
A la recherche de la culture populaire  :
pensées vagabondes dans les rues de la cité phocéenne
Mythifiée comme l’ultime ville de France au centre populaire, Marseille serait la cité idéale pour filer la trace des cultures populaires. L’exercice n’est pas si simple. J’ai mêlé mes lectures philosophiques à une série d’entretiens rassemblés dans un documentaire sonore (radio Z, cf p. 102). Je n’ai trouvé que du manque, des impasses et des pratiques récupérées. Je me retourne alors vers les pratiques mineures, celles qui se déploient à l’ombre de la culture dominante. Sans rien céder à la tristesse, peut-être pourrons-nous un jour imaginer les utopies tâtonnantes qui prennent racine dans le terreau des cultures mineures, des utopies sans dogmes  : des floutopies.
HORS SEQUENCE
Longtemps Oaxaca
Sur la commune libre et ses racines par Georges Lapierre
A Oaxaca, au Mexique, en 2006, la répression massive d’une grève des instituteurs fait s’embraser la ville pour des mois. La campagne qui l’entoure, proche du Chiapas, soutient les militants urbains sur les barricades ou dans les radios communautaires qui se multiplient. La révolte d’Oaxaca s’inscrit dans la résistance continue des peuples indiens d’Amérique contre la domination centralisatrice. La radicalité qui s’y exprime est alors envisagée dans son acception étymologique  : ce qui est radical (du latin radix, radicus, la racine), c’est ce qui est premier, ce qui est fondamental. L’intransigeance de la révolte oaxaqueña, c’est celle du refus de l’assimilation à l’impérialisme dans son avatar contemporain, la mondialisation économique et culturelle. Face à un pouvoir national et international qui centralise la décision, homogénéise l’information et les modes de vie, et impose des rapports exclusivement marchands, les Mexicains revendiquent l’autonomie ancestrale des peuples indiens et la préservation de leurs pratiques communautaires.
Arenc, le matin des centres de rétention
Enquête sur l’enfermement des étrangers à Marseille de 1963 à 2006
Dans les années 1960, Arenc * est un lieu dont personne ne se préoccupe. Pourtant, c’est dans l’utilisation que l’administration a faite de ce hangar vétuste du port autonome de Marseille qu’ont été rationalisées les pratiques d’expulsion, de refoulement et de reconduite à la frontière des étrangers jugés indésirables. Arenc, c’est l’ancêtre des centres de rétention  ; son histoire nous raconte l’avènement de ces lieux d’enfermement finalement banalisés et inscrits dans le droit, réprimant non pas un acte mais un état, celui de ne pas avoir les bons papiers.
Portfolio : Au levant / Syrie, Liban, Jordanie, Israël, Palestine
Images saisies au hasard du Proche-Orient
Fusion et déraison
Discussion avec des opposants au projet ITER de Cadarache
C’est l’un des plus grands centres nucléaires français, à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, qui a été choisi en juin 2005 pour accueillir le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor). Il vise à «  maîtriser  » la fusion nucléaire en vue de reproduire l’énergie du soleil. Une technologie qui serait «  propre, sans risque et quasi-inépuisable  ». Pourtant, cette seule expérience exige déjà des fonds extravagants, des infrastructures gigantesques et l’usage de matériaux dangereux et polluants. De quoi douter de l’image positive que le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) veut donner de ce projet. Discussion avec trois habitants de la région impliqués dans la lutte contre ITER.
Enérgie nucléaire et pouvoir politique
Analyse du monopole de l’énergie et de ses conséquences sociales par Bertrand Louart
L’industrie nucléaire, indissociablement civile et militaire, n’est pas un simple objet scientifique et technique. Par les infrastructures qu’elle implique et par les conséquences de son fonctionnement tant « normal » qu’en cas d’accident, elle fait système. Son apparition dans la seconde moitié du xxe siècle a une signification historique difficile à saisir si on ne la replace pas dans son contexte politique et social.
Le nucléaire au pilon (ACTION)
Récit de l’occupation d’un pylône à très haute tension
Militant anti-nucléaire, Olivier témoigne des occupations de pylônes électriques et des autres actions menées en France pour lutter contre la construction de l’EPR (réacteur nucléaire de troisième génération) de Flamanville et le transport de déchets nucléaires. Ce nouveau projet est présenté par EDF comme une «  étape décisive  » pour préparer le remplacement des centrales nucléaires actuelles. Sa mise en service en fera «  le premier exemplaire d’une nouvelle génération de réacteurs nucléaires  », poursuit EDF. Récit de lutte.
Dessins : Les superZhéroïnes sont de sortie
Dans les labos de Nantes
Petit reportage à l’arrache autour des firmes de nouvelles technologies Vous connaissez le Tour de France  ? Eh bien celui qu’on vous propose, c’est pareil, mais sans vélo, sans dopage et juste à Nantes. Chaque étape s’arrête à la porte de l’une des entreprises de nouvelles technologies qui pullulent aux quatre coins de la ville. Un reportage à l’arrache qui suce la roue de l’ADN, des drones et de la biométrie. Et vous trouvez ça drone ?
Enquête sur l’automatisation de la guerre et la robotisation de la police - Mise au point sur ces appareils sans pilote qui surveillent, bombardent et tuent
Sur le champ de bataille, comme au-dessus des rassemblements protestataires, l’usage toujours plus fréquent des drones, machines militaires de surveillance et de combat, nous entraîne dans un nouveau cycle du devenir technologico-policier de notre société. Déshumanisation, dépossession, contrôle généralisé... Le «  progrès  » est parmi nous.
Montreuil, la rue s’oppose aux rafles
Retour sur la mobilisation du 4 juin 2008 contre les expulsions de sans-papiers A Montreuil, une «  déambulation festive  » en soutien aux sans-papiers est interrompue par l’arrestation de l’un d’entre-eux. Le rassemblement qui s’ensuit devant le commissariat pour demander sa libération est violemment réprimé, et la police procède à sept autres arrestations. Le procès achevé, récit de ce 4 juin 2008, une journée trop ordinaire.
Qu’ils s’étouffent avec leurs miettes
Quand les «  pauvres  » s’organisent face à la CAF et au Pôle Emploi
Pôle Emploi, Caisses d’allocations familliales, Caisse primaire d’assurance maladie, Caisse centrale d’activités sociales... Qu’on l’ait choisi ou pas, on a tous à faire à la bureaucratie sociale. Seul face aux institutions, on galère souvent, méprisé, embrouillé, baladé, humilié, pour des miettes qu’on doit ramasser de plus en plus bas. Certains ont décidé de se défendre et s’organiser. À Marseille, l’assemblée contre la précarisation s’invite depuis mai dans des Pôle Emploi. À Montreuil, les CAFards se réunissent autour des mêmes constats et organisent des actions similaires dans les CAF. Z retranscrit ici des textes écrits par chacun des collectifs.
Tranche de biffe
Reportage au marché des vendeurs à la sauvette de la Porte de Montmartre, à Paris Tous les week-ends, sous le pont du boulevard périphérique, Porte de Montmartre à Paris, se tient le marché des biffins. Quelques dizaines de personnes qui vendent des bricoles récupérées ici ou là, souvent dans les poubelles de ceux qui balancent n’importe quoi. Il sont «  tolérés  » par la police qui fait des descentes régulières. On part demain !
Avec des Roms, de Montreuil à Marseille en passant par la Roumanie
Cette histoire a commencé avec une envie persistante de connaître de près des Roms que tout le monde voit de loin. Elle a continué avec un travail d’ethnologie pour l’université il y a trois ans, au cours duquel j’ai rencontré les familles Roms roumaines installées à Montreuil. Aujourd’hui, cette histoire se poursuit avec une recherche de thèse et des amitiés peu banales, notamment avec Sara dont les attaches voyagent entre Montreuil, Marseille et la Roumanie. Du haut de ses 23 ans, elle s’est autoproclamée ma «  seconde maman  », protectrice de mes séjours roumains.
The first bloody sunday
Extrait du Sang sur le drapeau, un roman historique qui n’a jamais existé Maura Taylor est née en 1892* à Dublin, dans une famille anglo-irlandaise et protestante sans histoire particulière. Alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente, elle se passionne pour le renouveau artistique irlandais, le féminisme, puis, rapidement, pour la cause indépendantiste. Au hasard d’un meeting du Sinn Fein, elle rencontre Robert «  Bobby  » Callaghan, militant socialiste du Syndicat des Dockers fondé par James Larkin. Avec Bobby, Maura va participer à la Grande grève de 1913, puis aux activités paramilitaires de l’ICA (Irish Citizen Army). Ses disputes de plus en plus fréquentes avec sa famille la poussent à s’installer, hors mariage, avec Bobby. Mais ce dernier perd la vie lors de l’Insurrection de Pâques 1916. De son côté, Maura, arrêtée par la RIC (Royal Irish Constabulary) passe quelques mois derrière les barreaux pour incitation à l’insubordination. Libérée en Juin 1917, elle retrouve ses camarades de plus en plus radicalisés qui se regroupent dans une nouvelle entité militaire  : l’IRA (Irish Republican Army), sous le commandement de Michael Collins. Pour Maura et ses amis, le temps de la révolte romantique touche à sa fin. À partir de 1919, les députés Sinn Fein, victorieux aux élections générales en
Irlande, refusent de se rendre à Westminster, s’organisent en Dail (Parlement), et tentent de mettre hors-jeu l’ autorité britannique en lui substituant une administration irlandaise. De son côté, l’IRA fait la chasse aux agents de renseignement britanniques, attaque des policiers dans les rues, s’organise dans le plus grand secret… Maura, elle, s’est attachée à l’un des soldats de Collins  : John «  Macky  » MacMullers. Ensemble ils s’occupent d’une cache d’armes dans un pub de Harcourt Street et cherchent à recruter des hommes et des femmes de confiance. Mais depuis quelques jours Macky a été chargé d’une nouvelle mission  : la surveillance d’un agent britannique supposé, puis son assassinat, prévu pour le dimanche 20 novembre 1920 au matin. Ce jour-là, Maura attend avec inquiétude son ami.

Ce produit a été ajouté à notre catalogue le dimanche 03 janvier 2010.
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